Emballages de fruits et légumes : sortir du plastique, oui, mais pas à n’importe quel prix
Les Français veulent moins de plastique, pas moins de protection. Les enseignements de l’étude TOPO LAB pour Interfel et FranceAgriMer.
Comment les Français perçoivent-ils les emballages alternatifs au plastique ? Pour le savoir, Interfel et FranceAgriMer ont fait appel à TOPO LAB, l’institut d’études sur-mesure du groupe TOPO Research, auquel appartient aussi PRESENCE. Son constat : le consommateur est prêt à changer, à condition que le produit reste bien protégé.
Un contexte réglementaire qui accélère la transition
Le règlement européen PPWR, entré en vigueur en février 2025 et applicable depuis le 12 août 2026, pousse à réduire les emballages, améliorer leur recyclabilité et développer le réemploi. Pour la filière fruits et légumes, la question n’est plus de savoir s’il faut changer, mais comment changer sans perdre l’acheteur. La loi AGEC avait déjà montré les limites : des solutions encore peu fiables techniquement et mal acceptées par les consommateurs.
La méthode TOPO LAB : écouter, puis mesurer
TOPO LAB a construit un dispositif en deux temps.
- Phase qualitative : deux tables rondes de 7 à 8 acheteurs de fruits et légumes frais, à Montpellier et Lyon, en février 2026. Les participants ont d’abord réagi à des photos d’emballages, puis ont manipulé des maquettes en conditions réelles.
- Phase quantitative : un questionnaire en ligne auprès de 1 000 adultes représentatifs de la population française, en mai 2026. Ses thèmes, son vocabulaire et ses critères ont été construits à partir des tables rondes.
Les tables rondes font émerger les attentes avec les mots des consommateurs. L’enquête les hiérarchise et les mesure. C’est cette complémentarité qui a permis de dépasser les réponses de principe.
Trois profils, un socle commun
L’étude distingue trois groupes : 24 % d’« éco-engagés », 46 % de « pragmatiques exigeants » et 30 % de « désengagés ». Leurs priorités déclarées diffèrent. Pourtant, face à des emballages concrets, leurs évaluations et intentions d’achat restent très proches. Les convictions écologiques orientent le discours, pas forcément le choix.
Les enseignements clés
- La protection du produit passe avant tout
Les acheteurs sont prêts à aller vers des emballages plus responsables. Mais un emballage doit d’abord bien protéger les fruits et légumes. « Protège le produit » est le premier critère de choix, devant le recyclage et l’absence de plastique. Ces bénéfices écologiques sont un plus : ils ne rattrapent pas un emballage qui protège mal.Le plastique illustre bien ce paradoxe.
Il reste reconnu pour ses qualités pratiques, mais c’est l’emballage que les Français ont le moins envie d’acheter : 4,2 sur 7 en intention d’achat, la note la plus basse des sept emballages testés. - Il n’existe pas d’emballage universel
Aucun matériau n’est parfait pour tous les produits. Les fruits et légumes fragiles demandent plus de protection et de réassurance. Les produits robustes permettent des solutions plus simples et plus légères. C’est d’ailleurs un simple sachet en papier avec fenêtre qui obtient la meilleure intention d’achat : 5,5 sur 7. - Une innovation doit se voir et se comprendre
Une nouvelle matière ou un progrès écologique que l’acheteur ne repère pas ne sera pas valorisé.
Exemple : un sachet transparent en cellulose, une matière d’origine végétale, est souvent confondu avec du plastique. Son intention d’achat tombe à 4,6 sur 7.Pour convaincre, mieux vaut des messages simples et concrets. Les possibilités de recyclage rassurent 54 % des répondants, contre 43 % pour l’empreinte carbone.En résumé, trois conditions pour qu’un nouvel emballage soit accepté : garder ses fonctions essentielles, rendre son bénéfice écologique évident et l’expliquer simplement.
Pourquoi combiner qualitatif et quantitatif
La phase qualitative a permis d’explorer les attentes des consommateurs, leurs motivations d’achat et leurs freins. Les thèmes, le vocabulaire et les critères du questionnaire quantitatif ont ensuite été construits à partir de ces tables rondes. La phase quantitative a permis de valider, hiérarchiser et mesurer ces attentes auprès de 1 000 Français.
Les échanges des tables rondes ont aussi apporté des pistes pour éclairer certains résultats. Par exemple : pourquoi l’emballage le mieux noté sur ses qualités pratiques n’est pas forcément celui qu’on a le plus envie d’acheter. La familiarité avec le format, l’aspect du matériau ou sa dimension émotionnelle peuvent jouer.
C’est tout le sens d’une étude ad hoc : partir de la question du client et proposer la méthode la plus adaptée, plutôt que d’appliquer un outil standard. C’est le cœur du métier de TOPO LAB, notamment pour les tests de produits et de packagings.
Retrouvez la synthèse complète de l’étude sur les sites de : FranceAgriMer et Interfel.
Vous avez une question précise sur vos clients, vos produits ou votre marché ?
Parlons de votre projet d’étude.